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fév 25, 2013 - De la traduction    14 Comments

Pourquoi être parfaitement bilingue ne suffit pas à faire de vous un bon traducteur

Les meilleurs traducteurs n’ont pas forcément grandi entre deux langues. D’ailleurs, il arrive même que les vrais bilingues (ceux qui ont deux langues maternelles) soient de mauvais traducteurs. Mais pourquoi ?

 

Il ne suffit pas d’être bon en langues, il faut savoir les utiliser

Tout d’abord, car la traduction ne se limite pas à une excellente maîtrise de deux langues (même si c’est bien entendu un prérequis), mais implique bien d’autres aspects et compétences (capacités rédactionnelles, solide culture générale, maîtrise des procédés et outils de traduction, etc.).

Ensuite, car l’usage que fait une personne bilingue de ses langues n’est pas forcément le même d’une langue à l’autre. C’est ce que François Grosjean appelle le « complementary principle » que l’on pourrait traduire par « principe de complémentarité ». Il explique que les personnes bilingues acquièrent et usent en général de leurs langues dans des domaines différents de leurs vies.

« Bilinguals usually acquire and use their languages for different purposes, in different domains in life, with different people. Different aspects of life often require different languages. »

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fév 20, 2013 - De la traduction    No Comments

Matinale SFT du 19 janvier 2013 : Le secrétaire de rédaction, au service des textes

Alors qu’un lourd tapis blanc assourdit la ville et l’engourdit de froid, nombreux sont les courageux venus chercher un peu de chaleur au 14 quai du Louvre. L’odeur de café et les conversations enthousiastes emplissent la pièce… En cette matinée enneigée de janvier, traducteurs accomplis ou en devenir se réunissent pour écouter une femme passionnée et passionnante nous conter son métier, pas si éloigné du leur, du nôtre. Marie-Édith Alouf, pimpante secrétaire de rédaction chez Politis, est également cofondatrice des éditions Les Petits matins.

 Photo by Nirina R

« Secrétaire de rédaction, ce n’est pas un boulot d’amateur éclairé »

Les fonctions, notamment dans le domaine de l’édition, sont de plus en plus poreuses. Petit tour d’horizon :

  • Le correcteur effectue les corrections typographiques, orthographiques, grammaticales. Il vérifie les informations, mais n’agit pas du tout sur le fond éditorial.
  • L’assistant d’édition (ou le secrétaire d’édition) fait des suggestions de chapitrage, propose des coupes, d’intervertir des parties… Il intervient sur le fond éditorial.
  • Le secrétaire de rédaction est journaliste, il n’est pas rédacteur, mais a tout de même sa carte de presse. Il travaille notamment à l’habillage des textes (les titres, légendes, chapôs, exergues).
  • Le maquettiste s’occupe de la partie technique de la mise en page. Ce n’est pas son travail de corriger les fautes.

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oct 15, 2012 - De la traduction    No Comments

Souvenirs du Japon…

Lorsque je me suis rendue au Japon, je me suis tout de suite sentie chez moi. Peut-être le fait de croiser régulièrement quelques mots de français sur les vitrines des magasins y était-il pour quelque chose… Ou peut-être au contraire, les touches de français croisées au Japon figuraient-elles parmi ce qu’il y avait de plus dépaysant ?

Un magasin de vélos à Tokyo avec une vitrine tout en français…

« Sortez et roulez comme le vent de mai ! »

« Entrée très libre »

Et pour finir, devant les toilettes du Tokyo Sea Life Park, un plan qui se passe de commentaires…

Pour découvrir à quel point les Japonais aiment la langue française, même s’ils ne la maîtrisent pas toujours parfaitement, rendez-vous sur le site du Franponais !

août 27, 2012 - De la traduction    No Comments

S’informer et se former : Matinale SFT du 21/07/2012

Enfin le soleil semble s’être frayé un chemin parmi les nuages en cette fin d’un mois de juillet plutôt grisâtre. Pourtant, pas de pique-nique champêtre ni de dévalement de collines façon petite maison dans la prairie au programme. Que nenni. Aujourd’hui, nous prenons la direction de notre bien-aimé Café du Pont Neuf pour une nouvelle matinale des traducteurs organisée par la délégation IDF de la SFT ! A croire que les traducteurs ne prennent pas de vacances car aujourd’hui, nous parlons formation. De quoi préparer dès à présent une rentrée en fanfare !

La formation est :

-          Une nécessité dans l’exercice de notre métier

-          Une obligation légale pour les experts de justice

-          Un devoir déontologique

-          Un droit fondamental

-          Un investissement qui s’inscrit dans un parcours de carrière

 

Souvent, on a la possibilité de faire financer tout ou partie de sa formation. Alors avant d’entamer toute démarche, il faut bien se renseigner et surtout vérifier que l’on remplit bien les critères d’éligibilité.

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juil 11, 2012 - De la traduction    No Comments

Poli #6 – Les promesses de l’archive

Pour son sixième numéro Poli a fait peau neuve. Si la revue a désormais un nouveau format, et une nouvelle charte graphique, elle poursuit son travail d’exploration des usages et expressions des cultures visuelles contemporaines. Intitulé « Les promesses de l’archive », ce numéro questionne en particulier la place qu’occupe désormais une activité archivistique devenue pratique culturelle ordinaire, au travers de contributions d’auteurs tels que Douglas Crimp, Louise Merzeau, Eyal Sivan ou Geneviève Sellier. Depuis l’avènement des environnements numériques, la recherche de documents et la sauvegarde en ligne, sur les réseaux sociaux, dans « les nuages » ou sur des plateformes sécurisées, sont aujourd’hui des actions quotidiennes qui témoignent de nouveaux rapports à l’information. En interrogeant l’état de tension entre archive et mémoire, à propos d’objets aussi divers que le dépôt légal du web, la création documentaire, l’obsolescence des disques durs ou la conservation de la performance, ce numéro de Poli s’essaye à faire promettre à l’archive que nos mémoires vivent.

Le livre La Fabrique des films propose une déambulation critique parmi les sentiers qui parcourent la conception du cinéma de recherche, en révélant les cheminements, les traces et le devenir. Ce livre, qui accompagne l’exposition éponyme du collectif pointligneplan, connu pour son engagement dans la production et diffusion du cinéma expérimental, propose des contributions visuelles et essais d’Érik Bullot, Jean Breschand, Valérie Mréjen, Bertrand Schefer, Vincent Dieutre ou Christian Merlhiot. Il s’agit du premier ouvrage publié par Poli éditions. L’exposition est à voir jusqu’au 22 juillet 2012 à la Maison d’Art Bernard Anthonioz – Fondation nationale des arts graphiques et plastiques, à Nogent-sur-Marne.

 

Ce nouveau numéro de Poli comporte deux articles traduits par mes soins. Je ne l’ai pas encore eu entre les mains mais j’avoue être assez impatiente !

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juil 7, 2012 - De la traduction    No Comments

« La traduction littéraire, avant d’être un métier, c’est une passion » Entretien avec Corinne Atlan (2/2)

Suite et fin de l’entretien avec la traductrice Corinne Atlan. La première partie est disponible [ici !]

 

Du Bout des Lettres : Comment procédez-vous lorsque vous traduisez un roman du japonais ?

Corinne Atlan : Je commence toujours par faire un premier jet très proche du texte original. Je reste très littérale et j’obtiens un texte « entre-deux ». Ce n’est plus du japonais mais ce n’est pas encore tout à fait du français. À ce moment-là, il y a déjà quelque chose qui se dégage : les sons, la phrase, le rythme. Je crois qu’idéalement, il faudrait appliquer à la traduction de roman les mêmes principes qu’à la traduction de poésie. Il faudrait toujours tenir compte du rythme et des sons. L’ordre des mots, c’est autre chose. Quand j’étais étudiante, on nous répétait qu’il fallait essayer de conserver l’ordre des mots. Or, la structure de la phrase japonaise est inversée par rapport au français et, je me suis aperçue, par exemple en traduisant des haïkus, que j’étais parfois plus proche du texte en inversant, en mettant le début à la place de la chute, parce qu’alors le texte français devenait beaucoup plus fort et collait mieux à ce qui était exprimé en japonais. Ce qu’il faut avant tout respecter, même dans le roman, c’est la chair du texte : la sonorité, le rythme, la longueur. Lorsqu’on est obligé de faire une longue périphrase, c’est toujours embêtant. Je le fais aussi, bien sûr, il y a des cas où on ne peut pas faire autrement, mais j’ai toujours l’impression de tricher un peu.

D.B.d.L. : Vous n’avez jamais recours aux notes ?

C.A. : Non, pas de note. Je ne suis pas trop favorable aux notes. Si on est obligé de mettre une note, c’est que quelque part, on a renoncé à quelque chose. Sauf s’il s’agit d’un ouvrage savant, ou d’un roman historique.

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juil 6, 2012 - De la traduction    No Comments

« La traduction littéraire, avant d’être un métier, c’est une passion » Entretien avec Corinne Atlan (1/2)

Distraitement, je feuillète un exemplaire jauni de l’Histoire sans fin. Il est tôt, le restaurant est encore vide. C’est au Café-Livres que j’ai donné rendez-vous à Corinne Atlan, traductrice prolifique, connue notamment pour avoir fait découvrir Murakami au lectorat français. Au programme : un déjeuner qui s’annonce passionnant, où nous allons parler de son parcours, du Japon et du métier de traducteur. Elle arrive, souriante, vêtue d’un blue jeans et d’un blouson brun. L’été ne s’est pas encore installé et l’air est vif. Pourtant, son sourire réchauffe la pièce. Mais ce qui me marque surtout, c’est la lueur qui s’allume dans son regard lorsque je prononce le mot « Japon »…

 

Du Bout des Lettres : Au départ, qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser au Japon, à apprendre la langue japonaise ?

Corinne Atlan : À l’époque, j’avais dix-sept ans et envie de faire quelque chose qui m’intéressait vraiment. J’avais surtout envie de voyager, de découvrir le monde, et puis j’aimais les langues étrangères, alors je me suis inscrite en linguistique à la Sorbonne, et parallèlement aux Langues-O. J’ai choisi le japonais car c’est sans doute ce qui symbolisait pour moi le plus difficile et le plus lointain. Mais cela aurait pu être une autre langue. J’ignorais tout du monde asiatique. Ce qui m’attirait, c’était avant tout le terme « Langues et Civilisations Orientales ». Et j’étais fascinée par les idéogrammes, alors par curiosité, j’ai fait aussi un peu de chinois. Cela m’a moins plu parce qu’en chinois, il faut passer d’abord par l’apprentissage des tons. Le japonais, on pouvait s’y plonger tout de suite, et j’ai immédiatement aimé la sonorité de cette langue, elle était, comment dire, familière… Je ne sais pas précisément ce qui a été le déclic, pourquoi le japonais plutôt qu’autre chose. Mais au bout de deux mois, je pouvais dire pourquoi j’avais envie de continuer : tout ce que je découvrais me passionnait.

 

Un sanctuaire shinto à Nezu (Tokyo) ©Amanda Sherpa-Atlan

D.B.d.L. : Vous pensiez déjà à la traduction à ce moment-là ?

C.A. : Oh, moi, je n’ai jamais pensé… à rien ! J’ai été portée par mes choix du moment, par la vie. J’avais envie de faire plein de choses. J’ai toujours adoré lire et rêvé d’écrire, c’est sans doute ça le fil conducteur.

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